L’ETAT DU CINEMA CONGOLAIS : GRANDE PROBLEMATIQUE ENTRE ACTEURS DU DOMAINE

La situation du cinéma congolais est un sujet de controverse au sein de la population notamment entre les professionnels et les amateurs du 7ème art. A Brazzaville tout comme à Pointe-Noire, respectivement capitale politique et économique du Congo, les artistes tirent chacun la couverture de leur côté à ce sujet. Sur ce, les avis recueillis sur le terrain concernant l’état exact du cinéma congolais démontre réellement l’ambivalence des points de vues.

Pour  les acteurs et réalisateurs congolais ou ceux qui évoluent en République du Congo, le domaine de la cinématographie est encore boiteux dans ce pays contrairement au cinéma Ouest-Africain qui a déjà connu son essor fulgurant. Cet argument sur l’état embryonnaire du cinéma congolais est à l’origine de multiples avis, à propos de l’état exact du cinéma au Congo. Mais Il reste encore beaucoup à faire pour que le cinéma congolais se démarque à la fois au niveau national et international.

 

« Le cinéma est encore à l’état embryonnaire car, la qualité et la  quantité de production des œuvres cinématographiques est encore moindre», affirme Dorell Moukala N’zihou, scénariste congolais.

 

Pour Herman Kimpo, acteur congolais, il s’avère que certains tournages de films ne sont pas rémunérés.  De ce fait, les acteurs congolais ne jouissent pas pleinement de leur métier, a-t’ il ajouté.

 

Si pour certains, le cinéma congolais est encore à ses débuts, pour d’autres, il est déjà en pleine évolution, explique le réalisateur Rodrigue Ngolo. « Le cinéma congolais commence à mieux se porter puisque nous sommes passés en 2019 de 2 ou 3 productions à 10 ou 15 productions l’année », affirme t’il.

 

Aujourd’hui, l’essor des œuvres cinématographiques est très significatif selon le producteur Olivier Giziz. Il confirme que par rapport aux années 2000 où l’on notait une faible présence et pratiquement nulle des films congolais sur le marché national qu’international, actuellement le nombre s’accroit, et, il y a aussi plus de réalisateurs de nos jours.

Malgré ce pas vers l’émergence, la qualité des films congolais posent encore problème et les artistes de ce domaine ne vivent pas encore de leur emploi. « Les principes de filmage, sonores, d’éclairage, de montage ne sont pas totalement respectés par les réalisateurs congolais, ce qui freine la commercialisation de ces films à l’échelle international», affirme Olivier Giziz.

 

A propos de la question de l’accompagnement du gouvernement dans ce secteur, les avis restent divergents. Selon Rodrigue Ngolo, réalisateur congolais, le ministère de la culture et des arts à travers la direction des arts, a à peine commencé à jouer son rôle en ce qui concerne son apport au cinéma congolais, mais sa participation laisse encore à désirer. « C’est vrai que la direction des arts et de la cinématographie au Congo est en train de faire un pas, en nous accompagnant. Mais cet accompagnement n’est pas actuel », a-t’ il souligné.

D’après l’acteur Herman Kimpo, le gouvernement les accompagne tant soit peu dans ce voyage vers le progrès. « La direction des arts et de la cinématographie a déjà créé depuis 2019 une cérémonie d’excellence dénommée Les Kamba’s Awards, un évènement qui vise à récompenser les productions cinématographiques congolaises en décernant des prix d’excellence aux meilleurs films, acteurs et réalisateurs de l’année », affirme t’il.

Contrairement à Olivier Giziz qui déclare que la politique et le cinéma ne devraient pas être associés. Selon lui, le gouvernement ne fait pas le cinéma et ne peut s’ingérer dans le cinéma, chacun devrait plutôt faire son travail de son côté.

 

Ce qui freine également l’évolution du cinéma au Congo, c’est aussi le manque de complicité entre promoteurs de cinéma. « Nous ne savons pas travailler ensemble, nous sommes égocentrique, nous aimons briller individuellement », souligne le producteur Olivier Giziz.

Le développement total du cinéma congolais demande l’implication des distributeurs, des chaines de télévision, des producteurs, des réalisateurs et acteurs parce que le 7ème art est un domaine parmi tant d’autres pourvoyeur d’emploi qui contribue aussi à l’économie d’un pays.

 

Marielle Choco

 

 

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